Unique candidate à la présidence, Marianne Thyssen est devenue jeudi la première femme à présider aux destinées des démocrates-chrétiens du Nord. Elue par 20.908 membres avec 96,6 % des voix, la présidente du CD&V – pour trois ans – cumulera, à 51 ans, ses fonctions avec celle de députée européenne.
Dans son discours d'investiture, prononcé jeudi soir dans les Halles Saint-Géry, à Bruxelles, celle qui succède à Jo Vandeurzen, actuel ministre de la Justice, et aux courts intérimaires que furent Etienne Schouppe et Wouter Beke, a plaidé pour la réhabilitation du politique : « Il faut en finir avec la culture des chuchotements, des méchancetés et du noircissement de l'autre. Il y a trop de politiques qui lors de l'année écoulée ont raté une occasion de se taire. Je refuse de jouer ce jeu-là parce que j'ai l'intime conviction que cela ne mène à rien. Alors, s'il vous plaît, moins d'ego mais plus de contenu et plus de respect. »
La nouvelle présidente s'est aussi adressée à ceux « qui font l'impossible pour miner la route du Premier ministre : onze mois après les élections, il serait peut-être temps d'accepter le verdict démocratique des 800.000 voix qu'il a engrangées. La politique peut-elle redevenir une vocation noble, peut-elle susciter le respect, peut-elle encore être crédible ? »
Marianne Thyssen a rappelé que son parti continuera à investir dans le cartel avec la N-VA et que le CD&V ne plaidait pas pour le séparatisme : « On ne souhaite pas écrire la dernière page du livre de la Belgique. Mais une forte Réforme de l'Etat est une nécessité socio-économique absolue. »
Appréciée des cénacles européens pour ses capacités de travail et ses connaissances pointues des dossiers, elle apparaît à l'avant-scène belge à un moment stratégique pour l'avenir du pays. Un pari risqué pour le parti du Premier ?
Cdlt
hobywen (chien de chasse LBAcien piocheur et renifleur)